Le mardi 18 mars 2025, dans le cadre des conférences de carême organisées par la formation Sud-Luxembourg, Monsieur l’ambassadeur Thomas Antoine nous a entrenu sur le thème « De l’espoir à l’espérance ».
Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette conférence ainsi que le temps de questions-réponses qui a suivi ainsi qu’un très bon et beau résumé réalisé par l’Abbé Bernard Saintmard, notre ancien doyen.
Belle (re)découverte à vous.
L’homme est un être de désir, il attend ce qui peut le combler. Parmi tous ces désirs, il y a le (ou les …) désirs qui risque(nt) de nous emprisonner, qui aliène(nt), OU le désir qui libère. La langue française a deux termes pour l’attente (le désir) : ESPOIR et ESPERANCE. S’il y a deux mots, il y a deux sens, deux définitions qu’il est bon de distinguer. L’ESPOIR est l’attente de ce qui est bien défini : bien manger, réussir ses examens…. L’ESPERANCE est l’attente de ce qui reste indéfini : ma liberté profonde. Dans l’ESPOIR, je dis « j’espère quelque chose » ; dans l’ESPERANCE, je dis « j’espère en quelqu’un », et cela exige la confiance, la foi.
La parabole du PÈRE MISERICORDIEUX (LUC 15) peut bien nous éclairer . Le fils prodigue revient sans oser s’ouvrir à l’ESPERANCE, il reste au stade de l’ESPOIR (bien manger, devenir ouvrier..), c’est le Père miséricordieux qui le remet dans l’ESPERANCE en le rétablissant dans l’Alliance : mon fils était mort, il est vivant !
Cette distinction entre ESPOIR et ESPERANCE offre au diplomate de préciser ce qu’il peut entendre quand il recherche la PAIX. Ici aussi deux mots pour dire la paix : PAX en latin et SHALOM en hébreu. PAX évoque le pacte, un accord conditionnel, souvent nécessaire mais pas suffisant. SHALOM traduit le désir de faire alliance avec l’autre, ce qui exige la confiance réciproque, une alliance inconditionnelle.
La question se pose alors : comment conjuguer ESPOIR et ESPERANCE. Il s’agit de ne pas les opposer ni des les confondre. L’articulation des deux, dans le temps, est proposée dans la Bible : distinguer les jours de la semaine (six jours pour régler les problèmes : l’ESPOIR) ; un jour (shabbat ou dimanche) consacré à l’ESPERANCE, au sens de notre existence.
Le défi du diplomate sera de concilier la gestion du conditionnel avec l’idéal de l’inconditionnel, passer de la PAX à la SHALOM. Chacun doit dépasser ses attentes illusoires. La possibilité de passer du PACTE à l’ALLIANCE repose sur la confiance réciproque, sur l’ESPERANCE de la bonne foi de l’autre.
Le temps du CAREME est donné aux chrétiens pour mettre de l’ordre dans tous les désirs de la vie. Comme pour le peuple hébreu dans le désert, à la suite de Jésus soumis aux tentations dans le désert, nous sommes invités à réorienter nos désirs et découvrir l’Espérance. Notre dignité est de faire confiance à Dieu et aux autres. Car nous avons du prix pour Dieu.
(Synthèse réalisée par l’abbé Bernard Saintmard)
Retrouvez le texte complet de la conférence sur le site de de l’unité pastorale d’Arlon.